MONTAGES ET REMONTAGES

Les cinq expositions parisiennes se déroulent au cœur de Paris, dans la vaste plaine du Trocadéro (colline de Chaillot), des Champs-Élysées et du Champ-de-Mars. Les constructions conçues pour être temporaires sont en bois, brique, plâtre, torchis, fer et fonte surmontées de décors en briques, stucs, staffs et céramiques. À partir de 1867 puis de façon récurrente, chaque pays construit un modèle d’architecture traditionnelle et parfois de véritables palais. À chaque fermeture, les édifices sont détruits afin de restituer les terrains à l’État et aux services des armées. Le caractère éphémère des architectures est un critère intrinsèque aux Expositions universelles. La commission d’organisation des Expositions anticipe ainsi la couverture des dépenses par des recettes estimées sur la revente des matériaux et la démolition des édifices. Le démontage complet des constructions peut néanmoins durer plusieurs semaines, voire des mois, laissant apparaître un triste chantier de désolation. 

 

De nombreuses voix critiquent l’aspect temporaire des constructions au regard du coût financier que représentent de telles manifestations. Dès 1867, l’opinion publique et la presse affirment la possibilité de conserver les palais mais également des pavillons pour un usage public (divers projets de musées). Un système d’enchères par adjudication se met en place, encouragé par l’État et la Ville de Paris. Plusieurs exemples de pavillons de sections étrangères confirment le rachat par des entrepreneurs privés français puis la revente à des particuliers comme à Courbevoie, La Garenne-Colombes, Meudon, Nogent-Sur-Marne, Maisons-Laffitte…

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Liste sommaire de remontages dans les Hauts-de-Seine 

Exposition universelle de 1855

 

SAINT-CLOUD

Parc de Saint-Cloud (92210)

Groupe sculpté, ancien fronton du Palais de l’Industrie, par Elias Robert, La France couronnant de lauriers les Arts et l’Industrie.

 

Exposition universelle de 1867

 

BOULOGNE-BILLANCOURT

Église Notre-Dame-des-Menus, rue de l’Eglise (92100) - Maître-autel de style gothique.

 

ISSY-LES-MOULINEAUX 

Parc de l’île-Saint-Germain, 

170, quai de Stalingrad (92130)

La halle, chef d’œuvre des compagnons charpentiers, accueillait en 1867 l’annexe 

de la section agricole ; elle abrite aujourd’hui le poney-club et la maison de la nature.

 

SÈVRES

Cité de la céramique 

2, place de la Manufacture (92310) 

Le Vase de Neptune mesurant 3,15 m de haut, conçu par Joseph Nicolle présenté 

en 1867 est aujourd’hui visible dans le salon d’honneur de la Cité de la céramique.

 

SAINT-CLOUD 

Rue des écoles (92210) - Isba russe.

Exposition universelle de 1878

 

ASNIÈRES 

Impasse des Carbonnets (92600) 

Gare du Champ-de-Mars de l’architecte
Juste Lisch.

 

COURBEVOIE

Parc de Bécon (92400)

Pavillon de Suède-Norvège de la Rue
des Nations (actuel musée Roybet Fould)
et Palais Indien, ancienne vitrine
de la galerie Iéna, partiellement remonté (actuel Pavillon des Indes).

 

MEUDON 

Hangar Y, carrefour des Trois Bornes,
avenue de Trivaux (92190) 

Le Hangar Y, l’un des premiers bâtiments
à dirigeables du monde, a été construit
avec les charpentes métalliques de la Galerie des Machines.

Exposition universelle de 1889

 

LE PLESSIS-ROBINSON
La Guinguette du Grand Arbre,

22, rue de Malabry (92350)

Cette guinguette, devenue ensuite les Salons de l’Ermitage, est désormais à l’abandon.

 

VILLE-D’AVRAY
Église protestante unie,
41, avenue de Balzac (92410) 

Le Pavillon des missions évangéliques norvégiennes, en bois, est devenu le temple protestant de Ville-d’Avray.

Exposition universelle de 1900

 

CLICHY-LA-GARENNE 
Église Saint-Vincent-de-Paul,
96, boulevard Jean-Jaurès (92110)

L’orgue de la firme Abbey, exposé dans
le Palais des Lettres, Sciences et Arts sur le Champ-de-Mars, est classé Monument historique.

 

SAINT-CLOUD 
Église Saint-Clodoald

Place Charles de Gaulle (92210)

Chaire à prêcher d’Ernest Guilbert.

« Une fois les produits enlevés, la Commission impériale dut s’occuper de faire disparaître les traces de l’Exposition et de rendre le Champ de Mars et la Berge à leur destination primitive. Son premier soin fut de vendre tous les matériaux et arbustes lui appartenant. Elle recourut au ministère d’un commissaire-priseur pour une partie de ces ventes et préféra le mode des soumissions de gré à gré pour les objets dont une vente publique ne permettait pas de tirer un assez bon parti. (…) Convaincue de la nécessité de livrer l’édifice aux démolisseurs, la Commission avait songé un moment à le dépecer par lots ou même à en opérer la démolition en régie ou à l’entreprise pour se charger ensuite de la vente des matériaux au détail. (…) La Commission prit donc le parti prudent de ne faire de tout le Palais qu’un seul lot et d’en céder les matériaux à un entrepreneur qui lui payerait une soulte convenue par avance et se chargerait de tous les frais de la démolition. »

RAPPORT DE LA COMMISSION DE 1878

 

« Dès l’origine, il avait été expressément convenu que le palais du Champ de Mars serait démoli après l’Exposition ; aussi lui avait-on bien nettement donné le caractère d’une construction provisoire. Mais dans les derniers mois de l’Exposition, alors qu’on avait pu constater les réelles qualités de ce monument, un sentiment de révolte s’éveilla dans le public contre l’idée de le détruire. Comme en 1867, l’opinion se résignait difficilement à admettre
qu’il pût être d’une sage administration de démolir, après quelques mois d’existence, un édifice qui avait coûté tant de dépenses, de soins et d’efforts de toute nature. »

 

A. BARRAULT, LE PALAIS DE L’INDUSTRIE ET SES ANNEXES, PARIS, 1857